NO(S) DAMES2022-06-09T10:20:31+00:00

ARTISTE ASSOCIÉ de la Cie Lyrique & Chorégraphique UP TO THE MOON, Théophile Alexandre travaille avec elle à RÉINVENTER des répertoires musicaux avec de forts partis-pris de relecture, et à créer sur scène de NOUVEAUX PONTS DES ARTS, entremêlant différentes disciplines artistiques (musique, chant, danse, arts numériques, littérature…) pour réimaginer le fomrat du récital et tendre la main vers des publics élargis.

Deuxième création de la Cie: NO(S) DAMES, HOMMAGE DÉGENRÉ AUX HÉROÏNES TRAGIQUES D’OPÉRA.
Production: UP TO THE MOON
Co-production: Opéra de Limoges, Le Volcan du Havre et le Quatuor Zaïde
Soutiens: Région Normandie via sa politique de Droits Culturels, Région Grand-Sud, Département Seine-Maritime, Mairie du Havre

NO(S) DAMES I NOUVEL ALBUM & NOUVEAU SPECTACLE

NO(S) DAMES I Hommage dégenré aux héroïnes d’opéra

Poignardées, empoisonnées, éventrées, brûlées, étranglées, défenestrées… En 4 siècles d’opéras masculins, le sort des héroïnes est aussi tragique que leurs airs sont sublimes. Et si pour une fois Drame ne rimait plus avec Dame? Et si l’on inversait les rôles?
NOUVEL ALBUM : NO(S) DAMES, redistribuant pour la 1ère fois la direction musicale aux femmes et à un homme les agonies d’héroïnes.
En renversant les rôles, le contre-ténor Théophile ALEXANDRE et le Quatuor à cordes féminin ZAÏDE signent une relecture singulière et universelle des arias de divas, célébrant les airs de Carmen, Norma, Manon, Violetta… sans perpétuer leurs fatalités de genre.
Autre singularité du disque : réunir 23 icônes opératiques de 17 compositeurs différents, dans un cadavre exquis musical reliant ces arias les unes aux autres, dérangeant leurs clichés de madones, de putains ou de sorcières, et dessinant en creux le portrait d’une seule et même idole masculine : la Dame, telle que fantasmée et imposée aux femmes par les hommes depuis des siècles, par-delà les cultures ou les continents.
NO(S) DAMES : une première mondiale discographique, disponible chez NoMad Music.
En tournée en 2022 et 2023 : Première du spectacle le 18 Janvier 2022 au Volcan du Havre.
Mise en scène : Pierre-Emmanuel ROUSSEAU / Co-production : Opéra de Limoges & le Volcan du Havre.

YO SOY MARIA I Maria de Buenos Aires, Piazzolla

Héroïne de Maria de Buenos Aires, seul opéra d’Astor Piazzolla, Maria connait un destin tragique, de la gloire des cabarets à la déchéance en maison close, pour finir tuée par balle et maudite, condamnée à hanter sans fin les rues de Buenos Aires.
Revisitant son air emblématique, Théophile ALEXANDRE et le Quatuor ZAÏDE livrent un tango aussi désespéré qu’endiablé, jouant de la gutturalité de la voix et de la brutalité de cordes de trottoir pour incarner le panache tragique de cette icône des faubourgs argentins. Sortant pour le centenaire de la naissance du compositeur, YO SOY MARIA est le 1er extrait de l’album NO(S) DAMES, hommage dégenré aux héroïnes d’opéra, célébrant pour la 1ère fois les arias de divas au-delà de leurs fatalités de genre.

AH NON CREDEA I La Sonnambula, Bellini

Héroïne de La Somnambule, Amina se voit répudiée par son fiancé qui l’accuse d’infidélité avec son rival. Quand il comprend qu’elle souffre de crises de somnambulismes, il lui pardonne et lui rend sa bague de fiançaille, promesse ultime de bonheur pour les femmes dans les codes sociaux de l’époque.
En redistribuant les rôles sur son aria le plus célèbre, Théophile ALEXANDRE et le Quatuor ZAÏDE explorent la fragilité du masculin par une vocalité sur le fil, funambule, soutenue par une matrice de cordes s’étirant jusqu’au vertige. AH NON CREDEA est le 2e extrait de l’album NO(S) DAMES, hommage dégenré aux héroïnes d’opéra, célébrant pour la 1ère fois les arias de divas au-delà de leurs caricatures de genre.

L’AMOUR EST UN OISEAU REBELLE I Carmen, Bizet

Héroïne d’opéra iconique, la bohémienne Carmen jette son dévolu sur Don José. Mais courtisée par Escamillo, elle finit par le choisir, après des mois de querelles avec Don José. Fou de jalousie, Don José la poignarde.
Si je t’aime, prends garde à toi… En replaçant ces mots dans la bouche d’un homme, Théophile ALEXANDRE et le Quatuor ZAÏDE révèlent toute l’ambiguïté de ce sombre présage, annonçant le destin tragique de cette héroïne matadorée par ses auteurs masculins. Avec swing dans les cordes et désinvolture dans la voix, L’amour… est le 3e extrait de l’album NO(S) DAMES, hommage dégenré aux héroïnes d’opéra, célébrant pour la 1ère fois les arias de divas au-delà de leurs clichés de genre.

CLIP VIDÉOS NO(S) DAMES

Clip YO SOY MARIA, Piazzolla

Clip AH NON CREDEA, Bellini

Clip L’AMOUR, Bizet

Chant & danse: Théophile ALEXANDRE I Direction musicale: Quatuor ZAÏDE I Adaptation musicale: Eric MOURET I Mise en scène & scénographie: Pierre-Emmanuel ROUSSEAU I Chorégraphie: Béatrice WARRAND I Réalisation des clips: Manon GICQUEL I Conception & Direction artistique: Emmanuel GREZE-MASUREL

NO(S) DAMES I Nouveau spectacle

5 silhouettes noires libérées des attributs genrés, un long gant rouge sang, une robe couture… Sur scène, NO(S) DAMES prennent vie dans un cabinet de curiosités opératiques, mêlant vidéos fantasmagoriques et accessoires de divas, pour explorer les fétichismes morbides dont ces Divanités font l’objet, conjuguant glamour et mort dans la grande tradition lyrique du Romantisme masculin. En 3 actes, No(s) Madones, No(s) Putains, No(s) Sorcières, les 5 artistes redistribuent les rôles et déconstruisent ces grands clichés sexistes, pour faire vivre autrement les grands airs de nos héroïnes d’opéra.
Mise en scène I Pierre-Emmanuel ROUSSEAU
Assistante Mise en scène & chorégraphie I Béatrice WARRAND
Création Lumières I Gilles GENTNER
Création vidéos I Charlotte ROUSSEAU
Co-production I Opéra de Limoges & Le Volcan, Scène nationale du Havre
Soutiens I Région PACA, Région Normandie, Seine-Maritime, Marie du Havre.

CRÉATION & TOURNÉE 21/22
Avant-premières aux Festival International du Quatuor à Cordes du Luberon en Juillet 21 et au Festival Pro-Musica de Pamiers en Novembre 21.
Première au Volcan, scène nationale du Havre le 18 Janvier 22, puis au Théâtre Edwige Fuillère de Vesoul le 20 Janvier 22, à l’Espace Carpeaux de Courbevoie le 08 Février 21, à l’Espace Jean Montaru de Marcoussis le 15 Février 22, à l’Opéra de Limoges le 18 Février 22, au Tangram, scène nationale d’Evreux le 18 Mars 22.
NOUVELLE TOURNÉE 22/23 À VENIR.

BANDE-ANNONCE NO(S) DAMES

Chant & danse: Théophile ALEXANDRE
Direction musicale: Quatuor ZAÏDE
Adaptation musicale: Eric MOURET
Mise en scène: Pierre-Emmanuel ROUSSEAU
Chorégraphie: Béatrice WARRAND
Vidéo scéniques: Charlotte ROUSSEAU
Réalisation Trailer: Manon GICQUEL
Conception artistique: Emmanuel GREZE-MASUREL

Backstage NO(S) DAMES

Théophile présente NO(S) DAMES

En répétition avec les artistes

NOTE D’INTENTION DES ARTISTES

No(s) Dames sont nées d’une volonté d’hommage aux héroïnes de 4 siècles d’opéras masculins, pour en célébrer la beauté musicale tout en déconstruisant leurs modèles de genre. Car dans ce patrimoine patriarcal, la place des femmes est pour le moins ambigüe, conjuguant somptueux et monstrueux, airs sublimes et rôles assassins. Sous les velours et les dorures, l’aria de diva sonne souvent l’hallali, la femme n’est reine que dans l’arène… On prétend l’adorer, mais on la matadore. Comme s’il était follement romantique de faire rimer dames et drames ; comme si pour elles, l’amour ne s’orchestrait qu’à mort sous la baguette de ces messieurs… Dame ! En forçant ses mots de mâle dans ta bouche, le librettiste de Carmen t’avait pourtant prévenue… “Si je t’aime, prends garde à toi !”

Face à la duplicité de cet héritage, que faire? Prima la musica et fermer les yeux sur le reste? Réécrire les livrets? Céder aux diktats de la Cancel Culture ? Avertir le spectateur que l’œuvre masculine présentée est le reflet d’une époque prônant des valeurs indéfendables aujourd’hui?… 
Nous avons choisi d’inverser les rôles traditionnels, en redistribuant pour la 1ère fois la direction musicale à un quatuor de femmes et les agonies de Dames à un homme, pour universaliser ces airs et les faire vivre comme allégories de souffrance humaine, plutôt que fatalités de genre réservées aux femmes.

En 2022, voilà donc No(s) Dames : relecture dégenrée de 23 icônes opératiques, féminins sacrés et leur cortège de massacres multiples ; 23 stéréotypes de saintes, de putains ou de sorcières, renversés puis assemblés dans un collage musical surréaliste. Dans No(s) Dames, les adieux de Manon se confondent alors à ceux de Violetta ; les rêves d’ailleurs de Marie tutoient les cauchemars d’Amina ; Giulietta, Carmen et Maria se font unique tentatrice ; l’hystérie d’Armide augure la chute d’Alcina… 
En reliant ces ersatz de femmes à la sororité morbide, No(s) Dames jouent au cadavre exquis, soulignant la récurrence de destins tragiques chez ces héroïnes masculines, et dessinant en creux le portrait d’une seule et même idole : la DAME, telle que fantasmée, créée et imposée aux femmes par les hommes, par-delà les siècles ou les continents.

Musicalement, nous avons confié les arrangements de ces rituels macabres au talent d’Eric Mouret, avec la folle mission de transformer ces épopées pour soprano et orchestre en quintettes pour cordes et voix de contre-ténor ! Pire : nous voulions conserver leur flamboyance orchestrale tout en insufflant notre intimité chambriste. Pire encore : nous voulions faire de la Barcarolle un tango qui annonce Carmen ; rendre à Juliette les cordes originales de son thème, déjà écrit par Bellini dans Adelson e Salvini ; couper des variations du prélude d’I Masnadieri ou de Jeanne pour en resserer le propos…

Ont suivi 9 mois de laboratoires créatifs pour donner vie à l’unité de son de No(s) Dames, tout en jouant de la juxtaposition de styles pour contraster à l’extrême nos réinterprétations.
Pour les cordes : de l’étirement maximal du bel canto aux attaques baroques claquant comme des consonnes ; du son “lush” des vieux violons hollywoodiens dans Youkali aux stridences d’Alcina, proches des lacérations de Psychose ; de la brutalité des cordes de trottoirs de Maria aux agogies possédées de Salomé…
Pour les voix : du dénuement fébrile de Manon à la révolte de Zaïde, de la gouaille nostalgique de Marie au désespoir maternel de Norma, de la gutturalité des faubourgs de Maria à la vocalité funambule d’Amina.

Pour chacune, nous voulions donner du sens au son et réhumaniser ces airs, travail indissociable de l’intelligibilité du texte, comme dans des chansons, excluant donc les virevoltes de colora(tor)ture dans ces hauteurs d’aigus où le langage n’est humainement plus possible. Pour toutes, nous voulions explorer la puissance du féminin et la fragilité du masculin, à l’inverse des caricatures, en jouant de l’ambiguïté de la voix de contre-ténor et de la force tellurique de notre matrice de cordes.
Restait l’écrin de la prise de son : nous l’avons voulue brute, sans fard, avec une grande proximité, pour mieux vous raconter la vérité de chaque histoire, sous le sublime de la musique…

A titre plus personnel, No(s) Dames sont un projet de maturité: artistique, déjà, en nous affirmant plus artistes qu’interprètes, avec cette audace créative, cette quête de sens qui challengent les statu quo, a fortiori en musique classique où la restitution est reine, sans trop oser questionner le fond de ce que l’on restitue… 
Maturité humaine, aussi, en assumant nos responsabilités, notamment celle de choisir en conscience ce que l’on transmet à notre tour. A nos enfants qui à l’opéra nous interpellent : “Dis Maman, dis Papa, pourquoi la dame elle crie? Pourquoi elle pleure? Pourquoi elle meurt?”, nous ne souhaitons plus répondre : “Parce qu’un homme l’aime…”

Mais alors, féministes, No(s) Dames? Humanistes, surtout, tant délacer les corsets de genre nous incombe à tous, femmes et hommes réunis, pour que chacun soit respecté. En cela, No(s) Dames sont un manifeste d’amour, d’empathie et d’espoir collectif: poings levés mais mains unies… Et désormais tendues vers vous.

Théophile & les Zaïde

Revue de presse NO(S) DAMES

Articles presse & web

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DIAPASON

L’Agitateur Lyrique 1/2

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Interview Opéra Magazine

Chronique France Musique

Interview DIAPASON

Interview RFI

Interview RTS

Interview BBC Radio 4

Chronique BBC Radio 3

Reportage France 3

Chut, l’actu des coulisses

Interview L’Instant Présent

Photos NO(S) DAMES

Campagne institutionnelle NO(S) DAMES shootée par le photographe Julien BENHAMOU.

Photographie: Julien BENHAMOU I Direction artistique: Emmanuel GREZE-MASUREL I Scénographie & stylisme: Pierre-Emmanuel ROUSSEAU I Robe haute-couture: Julien FOURNIÉ I Corsets & crinolines: François TAMARIN I Papillon: Maison DEYROLLE I Mannequins: Maison STOCKMAN I Hair & Make-up: Bruno SEGNI I Post-production: François BROCHENIN

Spectacle NO(S) DAMES

Photographies officielles du spectacle NO(S) DAMES, shootées par le photographe Edouard BRANE.

Backstage NO(S) DAMES

Dans les coulisses du spectacle NO(S) DAMES, avec le photographe Edouard BRANE.

AUDIO NO(S) DAMES

Solveig, délaissée I SOLVEIG SANG, Grieg
Eurydice, en enfer I CHE FIERO MOMENTO, Gluck
Amina, possédée? I AH NON CREDEA, Bellini
Jeanne, brûlée vive I ADIEU FORÊTS, Tchaïkovsky
Giulietta, empoisonnée I BARCAROLLE, Offenbach
Carmen, poignardée I L’AMOUR, Bizet
Maria, tuée par balle I YO SOY MARIA, Piazzolla
Amalia, poignardée I PRÉLUDE, Verdi
Zaïde, condamnée I TIGER, Mozart
Médée, infanticide I DELL’ANTRO MAGICO, Cavalli
La Reine, anéantie I DER HÖLLE RACHE, Mozart
Juliette, suicide I O QUANTE VOLTE, Bellini
Barberine, déflorée? I L’HO PERDUTA, Mozart
Léonora, poignardée I PRÉLUDE, Verdi
Armide, abandonnée I ODIO, FUROR, Haydn
Alcina, trahie I AH MIO COR, Haendel
Anna, suicide I GIUSTO CIEL, Rossini
Salomé, écrasée I SALOMES TANZ, Strauss
Manon, morte d’épuisement I ADIEU, Massenet
Violetta, malade I ADDIO DEL PASSATO, Verdi
Norma, brûlée vive I DEH NON VOLERLI, Bellini
Dalila, ensevelie I PRÉLUDE, Saint-Saëns
Marie, tuée par balle I YOUKALI, Weill

DESTINS TRAGIQUES DE DAMES IMAGINÉS PAR DES HOMMES

1. SOLVEIG: délaissée I Grieg & Ibsen, Peer Gynt (1875), « Solveigs sang »

Peer Gynt épouse Solveig mais l’abandonne pour courir le monde et les femmes. Loyale et fidèle, elle attendra 30 ans son retour. Vieux, ruiné et déshonoré, il reviendra chercher la rédemption dans ses bras avant de mourir.

Kanske vil der gå
Både Vinter og Vår,
Og næste Sommer med,
Og det hele År;
Men engang vil du komme,
Det véd jeg visst;
Og jeg skal nok vente,
for det lovte jeg sidst.
Gud styrke dig,
Hvor du i Verden går!
Gud glæde dig, hvis du
For hans Fodskammel står!
Her skal jeg vente
Til du kommer igen;
Og venter du histoppe,
Vi træffes der, min Ven!

L’hiver peut s’enfuir
Le printemps aimé s’écouler.
Feuilles d’automne et fruits d’été,
Tout peut passer ;
Mais tu me reviendras, mon amour,
Pour ne plus me quitter ;
Je t’ai donné mon coeur, il attend
Et ne saurait changer.
Que Dieu daigne encore
Dans sa grande bonté, te protéger !
Au pays lointain qui te tient exilé
Loin du foyer !
Moi je t’attends ici, doux fiancé,
Jusqu’à mon jour dernier ;
Je t’ai gardé mon coeur,
Fidèle, il ne saurait changer !

Winter may pass and
Beloved Spring disappear.
The summer too will vanish,
And then the year;
But you’ll come back, my love,
And leave me no more;
I gave you my heart, it’s waiting for you
Faithfully.
May God protect you!
In its infinite kindness
In the faraway land that keeps you
Away from home!
I’ll be waiting my love,
Up until my very last day;
I faithfully gave you my heart,
And this will never change!

2. EURYDICE: en enfer I Gluck & De Calzabigi, Orfeo ed Euridice (1762), « Che fiero momento »

Harcelée par un berger le jour de son mariage, Eurydice fuit mais meurt, mordue par un serpent. Amour autorise Orphée à la sauver des enfers s’il ne la regarde pas. Mais face à son incompréhension, il finit par se retourner et elle meurt à nouveau.

Che fiero momento, che barbara sorte,
Passar dalla morte a tanto dolor!
Avvezzo al contento d’un placido oblio,
Fra queste tempeste si perde il mio cor.
Vacillo, tremo.

Quel dur moment, quel sort amer,
Passer du trépas à tant de douleur !
Habitué au doux bonheur de l’oubli,
Mon coeur s’égare dans la tempête.
Je vacille, je tremble.

What a harsh instant and bitter fate,
Moving from death to so much pain!
Used to the bliss of placid oblivion,
My heart is lost in these storms.
I waver, I tremble.

3. AMINA: possédée? I Bellini & Romani, La sonnambula (1831), « Ah non credea mirarti »

Fiancée à Elvino, Amina est courtisée par Rodolfo, chez qui Elvino la retrouve endormie : fou de rage, il rompt leurs fiançailles pour épouser Lisa, avant de comprendre qu’Amina est en fait somnambule.

Ah, non credea mirarti
Si presto estinto, o fiore!
Passasti al par d’amore,
Che un giorno sol durò.
Potria novel vigore,
Il pianto mio recarti.
Ma ravvivar l’amore
il pianto mio, ah no, non può…

Ah, je ne croyais pas te voir
Si tôt morte, ô fleur chérie !
Tu as vécu comme l’amour,
qui ne dura qu’un seul jour.
Peut-être que mes larmes pourront
t’apporter une nouvelle vigueur,
Mais raviver l’amour, mes larmes
ne le pourront pas, ah non !

Ah, never had I believed to see you
Perish so soon, dear flower !
You passed away as the love,
That only lived one day.
If only my tears could bring you
New strength,
Alas, my tears cannot revive love,
Oh no…

4. JEANNE: brûlée vive I Tchaïkovski, La Pucelle d’Orléans (1878), « Adieu forêts »

Jeanne mène la France à la victoire contre les Anglais, mais tombe amoureuse de Lionel Bourguignon, combattant pour l’ennemi. Accusée de sorcellerie par son propre père, elle ne se défend pas et sera brûlée vive.

Adieu forêts, adieu prés fleuris, champs d’or,
Et vous, paisibles vallons, adieu !
Jeanne aujourd’hui vous dit à jamais adieu.
Oui, pour toujours adieu !
Mes prés fleuris et mes forêts ombreuses,
Vous fleurirez pour d’autres que pour moi.
Adieu forêts, eau pure de la source,
Je vais partir, et ne vous verrai plus.
Jeanne vous fuit, et pour jamais…
Ô doux vallons où j’ai connu la joie !
Aujourd’hui je vous quitte, doux vallons…
Jeanne aujourd’hui vous dit à jamais adieu !
Oui, pour toujours adieu…
Prés fleuris, arbres verts, si chers à mon enfance,
Vous fleurirez pour d’autres que pour moi…
Adieu, mes champs, adieu, vallons et source pure,
Il faut partir, et pour toujours.
Ah ! Recevez mon éternel adieu !

Farewell forests, farewell meadows in bloom, golden fields,
And you, peaceful valleys, farewell!
Today, Joan is telling you yes forever, forever farewell.
Yes, forever, forever, farewell!
My meadows in bloom and my shadowed forests,
You will bloom for others rather than for me.
Farewell forests, pure water from the spring,
I shall be leaving, and never see you again.
Joan is fleeing you, and to never, yes to never…
Oh soft valleys where I knew joy!
Today I leave you, soft valleys…
Today Joan tells you yes forever, forever farewell!
Yes, forever, forever, farewell…
Meadows in bloom, green trees, so dear to my childhood,
You will bloom for others rather than for me…
Farewell, my fields, farewell, valleys and pure spring,
I must leave, I must leave and forever.
Oh! Accept my eternal farewell!

5. GIULIETTA: empoisonnée I Offenbach & Barbier, Les Contes d’Hoffmann (1881), « Barcarolle »

Courtisane vénitienne, Giulietta séduit Hoffmann et tente de voler son reflet. Inachevée, l’oeuvre est montée avec deux fins possibles : Hoffmann tente de la poignarder ou elle meurt empoisonnée (version Richard Bonynge).

6. CARMEN: poignardée I Bizet, Meilhac & Halévy, Carmen (1875), « L’Amour est un oiseau rebelle »

Carmen, bohémienne et cigarière, jette son dévolu sur Don José. Mais le toréador Escamillo la courtise également. Après des mois de querelles avec Don José, elle choisit Escamillo. Fou de jalousie, Don José la poignarde.

L’amour est un oiseau rebelle que nul ne peut apprivoiser,
Et c’est bien en vain qu’on l’appelle s’il lui convient de refuser.
Rien n’y fait, menace ou prière, l’un parle bien, l’autre se tait,
Et c’est l’autre que je préfère, il n’a rien dit mais il me plait.
L’amour est enfant de bohème, il n’a jamais connu de loi.
Si tu ne m’aimes pas, je t’aime, et si je t’aime, prends garde à toi !
L’oiseau que tu croyais surprendre battit de l’aile et s’envola.
L’amour est loin, tu peux l’attendre, tu ne l’attends plus, il est là.
Tout autour de toi, vite, vite, il vient, s’en va, puis il revient.
Tu crois le tenir, il t’évite ; tu crois l’éviter, il te tient.
L’amour est enfant de bohème, il n’a jamais connu de loi.

Si tu ne m’aimes pas, je t’aime, et si je t’aime, prends garde à toi !

 

Love is a rebellious bird that no one can tame,
And it’s vain to call it, if it prefers to deny us.
Threat or prayer don’t work, one talks, the other not,
And I prefer the other, he said nothing but I like him.
Love is Bohemia’s child that ignores every law.
If you don’t love me, I love you, and if I do, beware!
The bird you thought to catch flapped and flew away.
Love is far, you wait for it ; wait no more, it comes.
Fast around you, it comes, goes then comes back.
Try to hold it, it avoids you ; avoid it, it holds you.
Love is Bohemia’s child that ignores every law.

If you don’t love me, I love you, and if I do, beware!

 

7. MARIA: tuée par balle I Piazzolla & Ferrer, María de Buenos Aires (1968), « Yo soy María »

Ouvrière connaissant la gloire dans les cabarets puis la chute en maison-close, María est tuée par balle et meurt maudite, condamnée à hanter les rues de Buenos Aires, pourchassée par l’esprit du Tango.

Yo soy María de Buenos Aires
¿No ven quién soy yo?
María tango, María del arrabal,
María noche, María pasión fatal,
María del amor,
De Buenos Aires ¡soy yo!
Yo soy María de Buenos Aires
Si en este barrio la gente
Pregunta quién soy,
Pronto muy bien lo sabrán
Las hembras que me envidiarán,
Y cada macho a mis pies
Como un ratón en mi trampa ha de caer.
Yo soy María de Buenos Aires
Soy la más bruja cantando
¡Y amando también!
Si el bandoneón me provoca, ¡Tiará, tatá!
Le muerdo fuerte la boca, ¡Tiará, tatá!
Con diez espasmos en flor
Que yo tengo en mi ser.
Siempre me digo:  » ¡dale María! »
Cuando un misterio, me viene
Trepando la voz,
Y canto un tango
Que nadie jamás cantó
Y sueño, un sueño
Que nadie jamás soñó:
Porque el mañana es hoy
Con el ayer después, ¡che!
Yo soy María de Buenos Aires
Yo soy, mi ciudad
María tango, María del arrabal,
María noche, María pasión fatal,
María del amor,
De Buenos Aires ¡soy yo!

Je suis María de Buenos Aires
Ils ne voient pas qui je suis ?
María tango, María du faubourg,
María nuit, María passion fatale,
María de l’Amour,
De Buenos Aires, c’est moi !
Je suis María de Buenos Aires
Si dans ce quartier
On se demande qui je suis,
Bientôt ils le sauront très bien
Les femmes qui m’envieront,
Et chaque mâle tombant
A mes pieds comme un rat.
Je suis María de Buenos Aires
Je suis la sorcière qui chante
Et qui aime aussi !
Si le bandoneón me provoque,
Je lui mords fort la bouche,
Avec dix spasmes en fleur
Que je porte en moi.
Je me dis toujours : « Allez María ! »
Quand un mystère s’en vient
Me chatouiller la voix,
Et je chante un tango
Que personne n’a jamais chanté
Et je rêve un rêve
Que personne n’a jamais rêvé :
Parce que demain est aujourd’hui
Et qu’hier est derrière !
Je suis María de Buenos Aires
Je suis ma ville
María tango, María du faubourg,
María nuit, María passion fatale,
María de l’amour,
De Buenos Aires, c’est moi !

I’m María from Buenos Aires
Can’t they see who I am?
María Tango, María from the suburb,
María night, María fatal passion,
María of love,
From Buenos Aires, it’s me !
I’m María from Buenos Aires
If in this neighbourhood
People ask who I am,
Soon they will know
Women will envy me,
And each male falling at my feet
Like rats in a trap.
I’m María from Buenos Aires
I’m the witch that sings
And loves at the same time!
If the Bandoneon provoks me,
I’ll bite it fiercely,
With ten blooming spasms
That I carry in me.
I tell myself « Come on María! »
When a mystery
Climbs in my voice,
I sing a tango
That nobody ever sang
I dream a dream
That nobody ever dreamt:
For tomorrow is today
Leaving yesterday behind!
I’m María from Buenos Aires
I am my city
María tango, María from the suburb,
María night, María fatal passion,
María of love,
From Buenos Aires, it’s me!

8. AMALIA: poignardée I Verdi & Maffei, I Masnadieri (1847), Prélude

Francesco trahit Carlo pour lui ravir sa fiancée Amalia et prendre le pouvoir. Devenu brigand, Carlo retrouve Amalia, qui accepte de l’épouser. Mais fidèle à son serment de brigand, il préfère la poignarder et se rendre.

9. ZAÏDE: condamnée à mort I Mozart & Schachtner, Zaïde (1780), « Tiger! Wetze nur die Klauen »

Amoureux, les esclaves Zaïde et Gomatz fuient la jalousie du Sultan grâce à Allazim, mais sont capturés et condamnés à mort. Allazim implore la grâce de ses compagnons. L’opéra, inachevé, ne dit pas s’ils le seront.

Tiger! Wetze nur die Klauen,
Freu’ dich der erschlichnen Blut’.
Straf’ ein törichtes Vertrauen
Auf verstelle Zärtlichkeit.
Komm’ nur schnell und töt’ uns beide,
Saug’ der Unschuld warmes But.
Tiger! Reiss’ das Herz vom Eingeweide
Und ersätt’ge deine Wut.
Ach mein Gomatz! Mit uns Armen
Hat das Schiksal kein Erbarmen.
Nur der Tod endigt unsre herbe Not.

Monstre ! Aiguise tes griffes !
Repais-toi de ta proie mal acquise !
Punis sa sotte confiance
En ta tendresse feinte.
Viens vite nous tuer tous deux,
Et boire le sang de l’innocence.
Monstre ! Arrache nos coeurs
Et rassasie ta rage !
Ah, mon Gomatz ! Pour nous,
Pauvres gens, le sort est sans pitié.
Seule la mort adoucira nos peines.

Tiger! Sharpen your claws!
Rejoice in your ill-gotten prey!
Punish a foolish trust
In feigned tenderness.
Come quickly and kill us both,
Suck the blood of innocence.
Tiger! Rip the heart from our chests
And satisfy your rage!
Ah, my Gomatz! for us poor ones,
Fate has no compassion.
Only death can end our misery.

10. MÉDÉE: infanticide I Cavalli & Cicognini, Il Giasone (1649), « Dell’antro magico »

Jason va épouser Dircé, mais la magicienne Médée, qui l’a aidé dans sa quête de la Toison d’or et a eu deux fils avec lui, est folle de jalousie : elle tue Dircé, poignarde ses propres enfants, et finit en enfer.

Dell’antro magico, stridenti cardini
Il varco apritemi.
E fra le tenebri del negro ospizio
Lasciatemi.
Sull’arca orribile del lago stigio
I fuochi splendino
E sù ne mandino fumi che turbino
La luce al sol.

Charnières criantes de l’antre magique,
Ouvrez-moi le passage.
Et dans les ténèbres de cet hospice
Laissez-moi pénétrer.
Sur l’autel horrible des eaux du Styx,
Que les flammes resplendissent
Et projettent là-haut des fumées
Qui éclipsent la lumière du soleil.

Creaking hinges of the magic cavern
Open the passage for me.
And in that hospice’s shadows
Just let me in.
On the ark of the Stygian Lake
May the fires blaze
And raise on high smokes
That dim the light of the sun.

11. LA REINE: anéantie I Mozart & Schikaneder, Die Zauberflöte (1791), « Der Hölle Rache »

Chargé par la Reine de la Nuit de délivrer sa fille Pamina du tyrannique Sarastro, Tamino découvre que la Reine lui a menti pour se venger de Sarastro. Son périple le mènera vers l’amour et la lumière tandis que la Reine finit anéantie.

12. JULIETTE: suicide I Bellini & Romani, I Capuleti e i Montecchi (1830), « Oh! Quante volte »

Les familles rivales Capulet et Montaigu voient leurs enfants tomber amoureux. Juliette feint sa mort pour fuir avec Roméo. Mais la croyant morte, Roméo s’empoisonne et, à son réveil, Juliette se poignarde.

Oh! quante volte, oh quante,
Ti chiedo al ciel piangendo!
Con quale ardor t’attendo,
E inganno il mio desir!
Raggio del tuo sembiante
Ah ! Parmi il brillar del giorno…
Ah ! L’aura che spira intorno,
Mi sembra un tuo sospir…

Oh combien de fois, oh combien,
J’ai prié le ciel en pleurant !
Avec quelle ardeur je t’attends,
Et je trompe mon désir !
L’aura de ta présence
Ah ! Est pour moi la lumière du jour…
Ah ! Et l’air autour de moi
Est comme un soupir de toi…

Oh! How many a time, how many,
Do I beg heaven for you in tears!
How fervently I await you,
And my desire deceives!
A ray of your appearance
Ah! Seems to me the light of day…
Ah! The air swirling round
Seems to me one of your sighs…

13. BARBERINE: déflorée? I Mozart & Da Ponte, Le nozze di Figaro (1786), « L’ho perduta »

Portant une invitation à Almaviva, la servante Barberine doit ramener l’épingle fermant la lettre comme preuve de son acceptation. Mais elle la perd, et pleure amèrement comme si elle avait perdu bien plus…

L’ho perduta, me meschina!
Ah chi sa dove sarà?
Non la trovo,
L’ho perduta, meschinella!
Ah chi sa dove sarà ?
E mia cugina ? E il padron?
Cosa dirà?

Je l’ai perdue, pauvre de moi !
Ah qui sait où elle peut être ?
Je ne la trouve pas, je l’ai perdue.
Misérable de moi !
Ah qui sait où elle peut être ?
Et ma cousine, et le patron,
Que vont-ils dire ?

I have lost it, miserable me!
Ah, who knows where it is?
I cannot find it, I have lost it,
Miserable me!
Ah, who knows where it is?
And my cousin? And the master?
What will they say?

14. LEONORA: poignardée I Verdi & Piave, La forza del destino (1862), Prélude

Léonora aime Alvaro et fuit avec lui, mais Alvaro tue par accident le père de Leonora. Ivre de vengeance, Carlo, son frère, les poursuit et les retrouve : après un duel sans vainqueur contre Alvaro, il poignarde sa sœur.

15. ARMIDE: abandonnée I Haydn & Porta, Armida (1783), « Odio, furor, dispetto »

Missionnée par le Prince des ténèbres pour séduire les chrétiens de la 1ère croisade, l’enchanteresse Armide tombe amoureuse de Rinaldo et l’épargne. Mais il détruit l’arbre dont elle tire ses pouvoirs et l’abandonne.

Odio, furor, dispetto,
Dolor, rimorso e sdegno.
Vengon nel punto estremo,
Tutti squarciami il petto…
Ardo, deliro, e fremo,
Ho cento smanie al cor.

Haine, fureur, dépit, douleur,
Remords et indignation.
Ils arrivent au point extrême,
Tous me déchirent la poitrine…
Je brûle, je délire et je frissonne,
J’ai cent envies dans mon cœur.

Hatred, rage, spite, pain,
Remorse and disdain.
Come to the extreme point,
All ripping my chest…
I flare, I rave, and shudder,
A hundred cravings in my heart.

16. ALCINA: trahie I Haendel & Broschi, Alcina (1735), « Ah mio cor »

La magicienne Alcina retient sur son île des hommes ensorcelés, dont Ruggiero. Libéré de ses charmes par sa fiancée, il affronte Alcina et brise l’urne de ses pouvoirs. Vaincue, son palais magique s’effondre.

Ah! Mio cor, schernito sei!
Stelle! Dei ! Nume d’amore!
Traditore, t’amo tanto!
Puoi lasciarmi sola in pianto?
Oh dei, perché?

Ah ! Mon coeur, on se joue de toi !
Etoiles ! Dieux ! Divinités d’amour !
Traître, je t’aime tant !
Puis tu me laisses seule, en pleurs ?
Oh dieux, pourquoi ?

Ah! My heart, you are taunted!
Stars! Gods! Numen of Love!
Traitor, I love you so much!
Can you leave me alone in tears?
Oh Gods, why?

17. ANNA: suicide I Rossini & Della Valle, Maometto II (1820), « Giusto Ciel »

Anna est la fille du Gouverneur, le rival de Maometto II. Son père veut la marier à Calbo, mais elle aime Uberto, qui est en fait Maometto. Dupée, elle accepte d’épouser Calbo. Mais Maometto la traque et elle se poignarde.

Giusto ciel, in tal periglio
Più consiglio, più speranza
Non m’avanza, che piangendo,
Che gemendo, implorar la tua pietà.

Juste Ciel, face à un tel périple
Plus de conseil, plus d’espoir
Je ne m’avance qu’en pleurant,
Qu’en gémissant, implorant ta pitié.

Righteous heavens, in such peril
No more counsel, no more hope
I come to you, weeping and begging,
Imploring your mercy.

18. SALOMÉ: écrasée I Strauss, Wilde & Lachmann, Salomé (1905), « Salomes Tanz »

Salomé avoue son désir au prophète Jochanaan, qui la rejette. Elle réclame sa tête à Hérode, qui a juré de tout lui offrir contre une danse. Quand elle embrasse la tête décapitée, Hérode, horrifié, ordonne aux gardes de l’écraser.

19. MANON: épuisée I Massenet & Meilhac, Manon (1884), « Adieu notre petite table »

Destinée au couvent, Manon tombe amoureuse de Des Grieux et ils s’enfuient à Paris. Mais avide de luxe et de luxure, elle est condamnée pour prostitution à être déportée et meurt d’épuisement en chemin.

Je ne suis que faiblesse et fragilité ! Ah, malgré moi,
Je sens couler mes larmes devant ces rêves effacés.
L’avenir aura-t-il les charmes de ces beaux jours déjà passés ?
Adieu, notre petite table, qui nous réunit si souvent !
Adieu, notre petite table, si grande pour nous cependant !
On tient, c’est inimaginable, si peu de place, en se serrant.
Adieu, notre petite table… Un même verre était le nôtre,
Chacun de nous quand il buvait y cherchait les lèvres de l’autre.
Ah ! Pauvre ami, comme il m’aimait…

I am only weakness and fragility… In spite of myself,
I’m weeping for these broken dreams.
Will tomorrow be as charming as the beautiful days?
Farewell, our little table, where we so often sat!
Farewell, our little table, yet too big for us!
It’s incredible the small space we take when huddling.
Farewell, our little table! We shared the same glass,
Looking for each other’s lips when drinking.
Ah! Poor friend, how he loved me…

20. VIOLETTA: malade I Verdi & Piave, La Traviata (1853), « Addio del passato »

La courtisane Violetta est séduite par Alfredo, pour qui elle quitte sa vie dévoyée et vend ses biens. Par peur du scandale, le père d’Alfredo la supplie de rompre. Elle accepte et finira par mourir, seule et ruinée, de la tuberculose.

Addio, del passato bei sogni ridenti,
Le rose del volto già sono pallenti.
L’amore d’Alfredo perfino mi manca,
Conforto, sostegno, dell’anima stanca.
Ah, della traviata sorridi al desio,
A lei, deh, perdona, tu accoglila,
O Dio! Ah! Tutto, tutto fini!
Le gioie, i dolori tra poco avran fine,
La tomba ai mortali di tutto e confine,
Non lagrima o fiore avra la mia fossa.
Non croce col nome
Che copra quest’ossa.
Ah, della traviata sorridi al desio,
A lei, deh, perdona, tu accoglila,
O Dio! Ah! Tutto, tutto fini!

Adieu, joyeux rêves du passé,
Le rose de mes joues a déjà pâli.
L’amour d’Alfredo me manque,
Réconfort, soutien de l’âme fatiguée.
Ah, souris au désir de la dévoyée,
Pardonne-lui et accueille-la,
O Dieu ! Ah ! Tout, tout est fini !
Joies et peines finiront sous peu,
La tombe est la fin de tout mortel,
Ni larmes ni fleurs sur ma tombe.
Aucune croix avec mon nom
Ne couvrira mes os.
Ah, souris au désir de la dévoyée,
Pardonne-lui et accueille-la,
O Dieu ! Ah ! Tout, tout est fini !

Farewell, sweet dreams of the past,
The rose of my cheeks has faded.
So much as the love of Alfredo I miss,
Comfort, support of a drained soul.
Ah! smile to the wish of the Traviata,
Forgive her, embrace her,
My Lord! Ah! All has come to an end!
The joys and sorrows soon will end,
The tomb is the limit for us mortals,
No tear or flower on my grave.
No cross with a name
To cover these bones.
Ah! smile to the wish of the Traviata,

Forgive her, embrace her,
My Lord! Ah! All has come to an end!

21. NORMA: brûlée vive I Bellini & Romani, Norma (1831), « Deh non volerli vittime »

La prêtresse Norma a trahi ses voeux de chasteté et a eu deux enfants avec Pollione. Découvrant qu’il aime Adalgisa, elle tente de le retenir et menace de les dénoncer, avant d’avouer sa faute et d’être condamnée au bûcher.

Deh! Non volerli vittime
Del mio fatale errore!
Deh! Non troncar sul fiore
Quell’innocente età!
Pensa che son tuo sangue…
Abbi di lor pietade!
Ah ! Padre, abbi di lor pietà…

De grâce ! N’en fais pas des victimes
De mon erreur fatale !
De grâce ! Ne brise pas dans sa fleur
Cet âge innocent !
Pense qu’ils sont de ton propre sang…
Aie pitié d’eux !
Ah père ! Aie pitié d’eux…

Prithee! Do not let them be victims
Of my fatal mistake!
Prithee! Do not crush in its prime
That innocent age!
Remember they are your own blood…
Have mercy on them!
Ah! Father, have mercy on them…

22. DALILA: ensevelie I Saint-Saëns & Lemaire, Samson et Dalila (1877), Prélude

Prisonniers des Philistins, les Hébreux fuient grâce à Samson. Le prêtre de Dagon missionne Dalila pour lui voler le secret de sa force. Emprisonné, Samson est touché par la foi et fait s’écrouler le temple sur Dalila et son peuple.

23. MARIE: tuée par balle I Weill, Deval & Fernay, Marie Galante (1933), « Youkali »

Marie est embarquée de force à Bordeaux pour être prostituée au Panama. Exilée, elle rêve d’un retour au pays, mais se retrouve mêlée malgré elle à des affaires louches et sera tuée par balle.

C’est presque au bout du monde, ma barque vagabonde,
Errant au gré de l’onde, m’y conduisit un jour.
L’île est toute petite, mais la fée qui l’habite
Gentiment nous invite à en faire le tour.
Youkali, c’est le pays de nos désirs,
Youkali, c’est le bonheur, c’est le plaisir,
Youkali, c’est la terre où l’on quitte tous les soucis,
C’est, dans notre nuit, comme une éclaircie,
L’étoile qu’on suit, c’est Youkali.
Et la vie nous entraîne, lassante, quotidienne,
Mais la pauvre âme humaine cherchant partout l’oubli,
A, pour quitter la terre, su trouver le mystère
Où nos rêves se terrent en quelques Youkalis.
Youkali, c’est le pays de nos désirs,

Youkali, c’est le bonheur, c’est le plaisir,
Youkali, c’est la terre où l’on quitte tous les soucis,
C’est, dans notre nuit, comme une éclaircie,
L’étoile qu’on suit, c’est Youkali.
Youkali, c’est le respect de tous les voeux échangés,
Youkali, c’est le pays des beaux amours partagés,
C’est l’espérance qui est au coeur de tous les humains,
La délivrance que nous attendons tous pour demain.
Mais c’est un rêve, une folie, il n’y a pas de Youkali !

It’s near the end of the world, my vagabond ship,
Drifting with the waves, led me there one day.
The island is so tiny, but the Fairy who lives there
Gently invites us to take a stroll around it.
Youkali, it’s the land of our desires,
Youkali, it’s happiness, it’s pleasure,
Youkali, it’s a land where you leave all worries behind,
It is like a light in our night, a star shining bright,
It’s Youkali.
And life goes on, tedious routine,
But the poor human soul, seeking to forget,
And to quit the earth, has solved the mystery
Where our dreams hide in some Youkali.
Youkali, it’s the land of our desires,

Youkali, it’s happiness, it’s pleasure,
Youkali, it’s a land where you leave all worries behind,
It is like a light in our night, a star shining bright,
It’s Youkali.
Youkali, it’s the respect of all exchanged vows,
Youkali, it’s the land of beautiful shared loves,
It is hope at the heart of all the humans,
The relief we all await for tomorrow.
But this is a dream, a fantasy, there is no Youkali!

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